Web serie à suivre : Gloria Victis !
Episode 1
Chapitre 3
Et le voilà en train de couler, doucement et irrésistiblement vers une inconnue déjà annoncée. Adrian s’efforçait d’obéir aux ordres de cette femme. Elle lui avait précisé qu’il serait balancé à l’eau près d’une bouée et qu’il devrait simuler sa perte de connaissance. Sa piqûre n’était qu’un sérum physiologique, inactif. Une bouteille d’oxygène, pleine, a priori, l’attendait attachée à l’ancre de la bouée. Comme elle lui avait clairement dit, il n’avait pas le choix : la croire ou mourir. Déjà quinze secondes qui se sont écoulées et il se sent toujours tombé dans le froid. Il est temps d’atterrir pense-t-il ironiquement…
« Hallelujah ! Ca y est, cette fois je suis tout en bas ! »
Décidément, il se rend compte que les scènes se répètent et il commence à fatiguer… Est-ce que changer de vocabulaire lui aurait évité cette apnée ? Drôle de question qu’il se pose… Et le fait de se poser cette question réussit à l’exaspérer. Il est peut-être à vingt mètres de profondeur et au lieu de sauver sa peau il se perd dans des considérations insensées…
Heureusement que son masque lui permet de voir devant lui. Même s’il ne peut distinguer que les cinquante premiers centimètres, ses doigts se dirigent spontanément vers l’ancre tant désirée. Comme espérée, il trouve cette bouteille avec le détendeur. Il peut respirer. Quel soulagement !
Immobile dans cette eau froide, il voit une sorte de caisse solidement fixée à l’ancre. Que lui avait-elle dit se demande-t-il. L’ouvrir maintenant ou pas ?
Il décide de porter sur le dos sa nouvelle source d’oxygène.
Maintenant, il va décrocher cette caisse. Il verra après. Libérée par son boulet, la caisse le hisse comme un ascenseur le ferait monter. Il attend.
La nuit lui apparaît quelques mètres avant son évasion. Ca y est ! Décidément…
Il flotte, il est fatigué. Les coups qu’il a pris, la peur, l’apnée, il sent qu’il doit maîtriser la situation et rester calme… Se rappeler les cours qu’il avait suivis…
Il est temps de découvrir ce trésor. Il ouvre la caisse et se gonfle devant lui un matelas pneumatique. Il a trouvé son île. En grimpant dessus, il s’aperçoit qu’une lettre plastifiée est attachée. « Rendez-vous dans deux heures. Derrière l’église, un camping-car t’attend, la porte est ouverte. » Même s’il est loin de la rive, il sait que c’est une question de deux ou trois heures maximum, sans vent contraire. Il garde la bouteille avec lui, on ne sait jamais se dit-il. La journée n’est pas encore finie…
Courageusement, il s’allonge sur le ventre et des bras fait avancer son petit matelas. Il doit garder le rythme. Qu’arrivera-t-il s’il est en retard ? Que fera-t-il ?
Ces lumières lui font aimer profondément la modernité qu’il dénonçait si souvent… Et cette église, il l’a toujours trouvée belle, rassurante. Est-ce un signe ?
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